Une page s’efface


Je m’autorise à m’imaginer le roman de demain, celui que je voudrais, en tant qu’auteur (imaginaire), en tant que lectrice (probable), en tant qu’éditeur numérique.

Il existera peut-être un jour très prochain.

Début de l’exercice de propective ergonomique et fonctionnelle :

Le roman n’aurait pas de pages qui se tournent. Il pourrait en avoir si cette fonction est (vraiment) indispensable pour certains. Ce serait une option, un paramètre le lecture :  « lire mon livre en mode paper-back« . Il aurait des pages qui s’effacent, se déroulent, se scrollent, bref, on connaît la chanson.

Il serait long et sans fin. Les tomes ou chapitres suivants se glisseraient dans le premier volume. Il ne serait jamais tout à fait le même de jour en jour. Il serait mis à jour. Il aura son petit back-office éditorial et son système de publication cross-plateforme (que personnellement je visualise assez bien).

Il ne parlerait pas de l’auteur et de sa biographie ou son dernier passage à la télé (on s’en moque en fait). Il aurait une fonction chat sur certaines pages, activable selon mon envie. Je laisserai les gens se dire, me dire (si je suis là et si je ne suis pas là je suivrai le fil ou les messages laissés). Fort probablement, cette fonction sera une vue intégrée de Facebook ou une solution analogue (terrain en conquête).

Je pourrais modifier des chapitres ou les enrichir et les proposer à une communauté (dont le point commun sera monnayé, nous ne sommes pas là pour vivre d’amour et d’eau fraiche n’est-ce-pas ?).

Ce livre je pourrais le lire partout. Mais à chaque « point » de lecture ses avantages fonctionnels et communautaires. Ce sera surtout le « avec qui je lis » qui fera la différence. Amazon aura peut-être abandonné son format un peu différent, car il n’y aura plus beaucoup d’avantage à se distinguer de cette manière là : la distinction se fera par « le regroupement des lecteurs partout ». On prendra un distributeur pour son offre fonctionnelle et communautaire pertinente. Et puis il n’y aura plus débat parce que le format unique facilitera la vie de tous. Plus de clients pour tous par la propagation du contenu (un bénéfice partagé, ok je rêve un peu là).

Quelques fonctionnalités de mon livre (sans tomber dans le multimédia classique type CD-ROM) :

Les bruitages sur les pages, les dialogues audios, la fonction enregistrement si je veux interpréter une scène (plus pertinent pour le théâtre que pour le roman). Je pourrais découvrir l’œuvre en mode audio et en lecture guidée, parce que notre population vieillissante aura la norme DAISY en porte drapeau. Ce sera un enjeu commercial majeur, nom pas uniquement pour les mal-voyants, mais pour tous. Je pourrais l’écouter dans toutes les langues mon roman.

Les dictionnaires : les accès à la traduction automatique de l’œuvre complète et la vue simplifiée des dictionnaires embarqués (clic sur le mot et affichage de la définition sans rompre la lecture). Un plugin dictionnaire sera à la disposition des lecteurs, à chacun de faire son choix et de l’installer avec une licence adaptée. Ce plugin aura des niveaux fonctionnels différents (dictionnaire simple, complet et / ou avec correcteur orthographique).

Les fonctionnalités dans le texte : déplier une phrase, déplier un paragraphe (fini les notes de bas de page). Tout est ramené au niveau de l’œil. Je passe les pages qui s’effacent ou se déroulent et j’ai toujours au coin de ma lecture le positionnement géographique dans l’œuvre (pages, reste à lire, chapitres à venir et nombre de lecteurs sur ce chapitre). On me dira aussi combien d’amis ont aimé ce passage.

Les fonctionnalités ici décrites et le prix de l’œuvre seront ajustés et mis en adéquation.

J’oubliais les DRM ! (le management du droit, comme on me l’a rappelé brillamment en réunion hier). Oui il y en aura, mais ce ne sera pas pour empêcher la lecture, ce sera pour avoir son espace associé à ses droits et ses fonctionnalités de lectures (manager le droit en fait !). Ces fonctions de gestion et permissions des droits de lectures me seront proposées par l’éditeur, diffuseur… (terrain à conquérir). Bien entendu, cet accès sous identifiant et mot de passe sera gratuit, juste un passage recommandé pour lire son livre, dans son salon virtuel personnel.

Les DRM répondront à la vocation de protection de l’œuvre par le biais de sa relation client. Elle ne sera pas une émanation de la propriété logicielle.

Et là je retourne sur Deezer pour continuer à écouter ma musique partagée … A plus !

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