L’aventure collaborative de Sol LeWitt (Chaque individu étant unique, les mêmes instructions seront comprises différemment et mises en oeuvre différemment).


Petit tour vers l’est et les reproductions de dessins muraux de Sol LeWitt. L’aventure des dessins qui appartiennent à ceux qui s’approprient l’œuvre et la change. Un usage futuriste, déployé et réel, exposé au centre Pompidou Metz. Un exemple saisissant d’immersion et de travail à mille mains et aussi, c’est le plus important peut-être, une leçon de méthode.

—-> Des transpositions évidentes pour nous, ouvriers du numérique. A voir pour ouvrir nos papilles neuronales autour de l’idée de reproduction, collaboration et création. Tout un programme …un auteur qui partage, un goût de presque vu ou attendu. Ne pas manquer la vidéo en fin de parcours.

« FAIRE DES DESSINS MURAUX », 1971, écrit de Sol LeWitt

L’artiste conçoit et élabore le plan du dessin mural. Celui-ci est réalisé par des dessinateurs (l’artiste peut être son propre dessinateur) ; le plan (écrit, oral ou dessiné) est interprété par le dessinateur.Des décisions sont prises par le dessinateur, à l’intérieur du plan, en tant que parties du plan. Chaque individu étant unique, les mêmes instructions seront comprises différemment et mises en oeuvre différemment.
L’artiste doit autoriser diverses interprétations de son plan. Le dessinateur perçoit le plan de l’artiste, puis le réorganise selon son expérience et sa compréhension propres.
Les contributions du dessinateur ne sont pas anticipées par l’artiste, même quand lui, l’artiste, est le dessinateur. Même si un seul dessinateur suivait deux fois le même plan, cela donnerait deux oeuvres d’art différentes.
Personne ne peut faire deux fois la même chose.

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Le Centre Pompidou-Metz met à l’honneur l’artiste conceptuel américain Sol LeWitt (1928-2007) en lui dédiant un projet inédit. En Galerie 2, sur une superficie de 1 200 m2, est présentée une rétrospective des wall drawings (dessins muraux) de Sol LeWitt d’une envergure sans précédent en Europe : avec ses trente-trois oeuvres murales, parcourant la carrière de l’artiste de ses débuts à ses dernières réalisations, l’exposition du Centre Pompidou-Metz propose l’ensemble de wall drawings le plus important jamais présenté en Europe.

Choisis parmi les 1 200 wall drawings créés par l’artiste entre 1968 et 2007, les dessins sélectionnés reflètent tout à la fois l’extraordinaire cohérence de ses explorations systématiques (séries et combinaisons rigoureuses d’éléments géométriques) et l’étonnante diversité de sa pratique, aussi bien dans l’évolution des formes (de figures géométriques simples à ses « formes complexes » ou « continues ») que des matériaux utilisés (crayon à mine, pastel gras, lavis d’encre, peinture acrylique et graphite).

À la faveur d’un partenariat exceptionnel avec des écoles d’art et d’architecture du Grand Est, la réalisation des wall drawings au Centre Pompidou-Metz illustre parfaitement le principe de collaboration au coeur de la pratique de l’artiste.

En coopération avec le Centre Pompidou-Metz, un pendant chromatique de la rétrospective en noir et blanc est organisé par le M-Museum de Leuven (Louvain), Belgique, qui présentera à partir du 21 juin une vingtaine de dessins muraux en couleur.

En 2013, le Centre Pompidou-Metz présentera la collection personnelle de Sol LeWitt. Ce second volet permettra de refléter l’extraordinaire carrière de LeWitt non seulement en tant qu’artiste prolifique mais également en tant que collectionneur insatiable. Forte de plus de 250 oeuvres, la sélection présentée au Centre Pompidou-Metz constituera la première grande exposition en Europe de la Collection LeWitt.

Présentation de l’oeuvre et du parcours de Sol LeWitt

Sol LeWitt (1928-2007) est né aux États-Unis, à Hartford, Connecticut. Il étudie les beaux-arts à l’université de Syracuse (état de New York), puis à la Cartoonists and Illustrators School (aujourd’hui School of Visual Arts) à New York. Il travaille ensuite comme graphiste dans le cabinet d’architecture d’I.M. Pei, puis en tant que réceptionniste au Museum of Modern Art, où il rencontre les artistes Robert Ryman, Dan Flavin et Robert Mangold, ainsi que la critique Lucy R. Lippard. Identifié dans un premier temps à l’art minimal américain, LeWitt s’en détache rapidement pour favoriser une approche conceptuelle de la création artistique.

Si les dessins muraux constituent la pratique la plus emblématique de l’oeuvre de LeWitt (que l’artiste débute en 1968, à l’âge de 40 ans), son oeuvre inclut également des pièces en trois dimensions (nommées « structures »), des dessins sur papier, des séries photographiques, des oeuvres graphiques et des livres d’artiste. LeWitt utilise ces différents médiums comme autant d’outils pour mieux explorer ses processus mentaux.

LeWitt bénéficie de sa première exposition monographique en 1965, à la John Daniels Gallery de New York. Dès lors, son travail est inclus dans de nombreuses expositions en galeries, musées et au sein d’événements artistiques internationaux.

« FAIRE DES DESSINS MURAUX », 1971, écrit de Sol LeWitt

L’artiste conçoit et élabore le plan du dessin mural. Celui-ci est réalisé par des dessinateurs (l’artiste peut être son propre dessinateur) ; le plan (écrit, oral ou dessiné) est interprété par le dessinateur.

Des décisions sont prises par le dessinateur, à l’intérieur du plan, en tant que parties du plan. Chaque individu étant unique, les mêmes instructions seront comprises différemment et mises en oeuvre différemment.
L’artiste doit autoriser diverses interprétations de son plan. Le dessinateur perçoit le plan de l’artiste, puis le réorganise selon son expérience et sa compréhension propres.
Les contributions du dessinateur ne sont pas anticipées par l’artiste, même quand lui, l’artiste, est le dessinateur. Même si un seul dessinateur suivait deux fois le même plan, cela donnerait deux oeuvres d’art différentes.
Personne ne peut faire deux fois la même chose.
L’artiste et le dessinateur deviennent collaborateurs dans la fabrication de l’art.
Chaque personne trace une ligne différemment et chaque personne comprend les mots différemment.
Ni les lignes ni les mots ne sont des idées, ce sont les moyens par lesquels les idées sont transmises.
Le dessin mural est l’art de l’artiste aussi longtemps que le plan n’est pas transgressé. S’il l’est, alors le dessinateur devient l’artiste et le dessin sera son oeuvre d’art, mais cet art sera une parodie du concept original.
Le dessinateur peut commettre des erreurs en suivant le plan sans compromettre celui-ci. Tous les dessins muraux contiennent des erreurs, elles font partie de l’oeuvre.
Le plan existe en tant qu’idée mais il a besoin d’être traduit dans sa forme optimale. Les idées de dessins muraux seules contredisent l’idée de dessin mural.
Le plan explicite devra accompagner le dessin mural achevé. Ils sont d’une égale importance.

Première publication en anglais sous le titre « Doing Wall Drawings » in Art Now, vol. 3, no 2, New York, juin 1971, n. p.
Première publication en français in Mise en pièces, mise en place, mise au point, cat. exp., Chalon-sur-Saône, Maison de la culture / Dijon, Le Coin du miroir, 1981, p. 54.

Textes traduits de l’anglais par Catherine Vasseur © LeWitt Collection, Chester, Connecticut
Commissaire :
Béatrice Gross, commissaire et critique d’art indépendante, New York

http://www.centrepompidou-metz.fr/node/13802

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